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A la suite de la télévision et bien sûr de l'internet, la radio entre dans l'ère de la diffusion numérique et de la convergence. Les mutations en cours préfigurent une véritable révolution de notre paysage radio.
Que de chemin parcouru par la radio depuis la géniale invention de Marconi qui, à la fin du XIXe siècle, apprivoise les ondes et ouvre la voie (ou la voix ?) de la radio d'aujourd'hui. Ce n'est peut-être qu'en 1912, avec le naufrage du Titanic, que le monde réalisera vraiment l'importance de la découverte : "Tous ceux qui ont été sauvés l'ont été grâce à un homme, M. Marconi... et à sa merveilleuse invention". En France, c'est en 1921 que sera diffusée la première émission de radio en direct, le 26 novembre : la cantatrice Yvonne Brothier chante La Marseillaise. Quelques années plus tard, le fameux poste à galène permet aux foyers français de se divertir avec des chansons, des feuilletons radiophoniques et des informations. La TSF trône dans la pièce principale et nos grands-parents s'asseyent chaque jour pour écouter (souvent le soir d'ailleurs, contrairement aux habitudes d'écoute actuelles), dans un silence quasi religieux (parce que les crachotements de la diffusion exigent de la concentration !) les programmes de la France Libre dans les années 1940. C'est l'avènement de la télévision qui entamera le monopole de la radio dans les années 1950, forçant ainsi le média, aidé par les progrès technologiques, à entreprendre sa mutation.
En 2006, ce sont 99,1 % des foyers français qui disposent d'au moins un transistor. Une des caractéristiques majeures des équipements actuels est sans conteste leur diversité et leur simplicité : le nombre moyen d'appareils par foyer - 5,6 - atteste l'ancrage du média auprès de tous. En France, l'offre radio est particulièrement riche, l'ouverture en 1981 des radios libres ayant permis que près de 6 000 fréquences soient exploitées dans l'Hexagone (5 790 fréquences disponibles, dont 2 361 occupées par Radio France), alors que le Royaume-Uni et l'Allemagne n'en exploitent respectivement que 2 000 et 2 500. Pourtant, pour un auditeur donné, le choix est loin d'être aussi étendu : d'une cinquantaine de programmes accessibles en Ile-de-France à une vingtaine dans les grandes villes de province et pas plus de dix dans de nombreuses régions (30 % de la population).
Cette restriction de l'offre accessible par un individu donné est inhérente au mode de diffusion analogique de la radio et à la rareté de la ressource hertzienne. Pour permettre une bonne utilisation du spectre FM de fréquences disponibles pour la radio, c'est le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) qui, en France, est chargé de sa planification. Depuis 1986, après une période de libéralisation des ondes entamée en 1981, le Conseil attribue les fréquences zone par zone, après appel d'offres. Son objectif principal est de veiller à ce que les cinq catégories de services bénéficient d'une part équitable du spectre (voir encadré).
La loi du 1er février 1994 avait établi le principe de reconduction des autorisations hors appel d'offres. Depuis lors, peu de mouvements ont été enregistrés et chaque fréquence remise en jeu a vu en moyenne une vingtaine de candidats se mettre sur les rangs pour en bénéficier. Après ce long gel du paysage FM, 57 % des fréquences des radios privées vont être soumises à appel d'offres entre 2006 et 2008. Dans ce contexte, la loi du 9 juillet 2004 a demandé au CSA d'entreprendre l'élaboration d'un nouveau plan de fréquences "en vue du développement optimal de la diffusion radiophonique au plan national et de l'optimisation de la diffusion et de la couverture des services associatifs, locaux, régionaux et thématiques indépendants".
Le Conseil va donc, dans les mois qui viennent, travailler à une réorganisation de l'utilisation actuelle du spectre. Les plus optimistes avançaient encore il y a peu que ces travaux pourraient dégager 15 à 20 % de fréquences supplémentaires, mais Dominique Baudis, président du CSA, a déjà prévenu qu'il était "hors de question que FM 2006 soit le détonateur du big bang de la radio", justifiant ce constat par le résultat de la consultation réalisée auprès des acteurs du marché, qui a fait ressortir que "personne ne souhaitait la remise à plat du plan de fréquences". Pourtant certaines stations attendaient beaucoup de ce réaménagement qui pourrait aboutir à un accroissement des potentiels de couverture des antennes, dont les performances sont aujourd'hui limitées par leur bassin de diffusion. Entre autres bénéficiaires, citons RMC, SkyRock ou le réseau des Indépendants, mais aussi Europe 1 ou RTL, dont les zones de couverture sont loin d'être nationales (environ deux tiers des Français). On le verra, dans le cadre de ce réaménagement, le CSA a parallèlement engagé, en avril 2005, une réflexion approfondie avec les principaux acteurs du marché sur la radio numérique.
On l'a vu, le transistor analogique est largement implanté dans les foyers français et l'optimisation de ses usages est une priorité incontestable. Le média radio est aujourd'hui confronté à des défis majeurs, dont certains lui sont imposés par son environnement et la nouvelle concurrence à laquelle il doit faire face, mais aussi par ses auditeurs qui pourraient lui préférer des médias qui leur apporteraient plus de souplesse et plus de services en phase avec leurs attentes.
La récente étude "Le temps des médias" de Médiamétrie fait clairement apparaître, parallèlement à l'augmentation des taux d'équipement des "biens" existants, une croissance rapide de nouveaux "biens" : ainsi le multi-équipement TV est aujourd'hui une réalité dans 45 % des foyers français et 60 % disposent d'un lecteur de DVD. Fin 2005, 47 % des foyers français disposent d'un microordinateur dont les trois quarts avec un accès internet (à haut débit pour 53 %), et 41 % des 4-19 ans disposent d'une console de jeux aux usages parfois largement étendus (source Médiamétrie). Et la liste pourrait s'allonger…
Bien évidemment, cet environnement hautement technologique crée de nombreuses sollicitations qui s'inscrivent toutes dans un temps contraint. Les répercussions sur la consommation des médias sont inévitables. La radio, face à ce déferlement technologique, est dans l'obligation d'évoluer. Déjà sa durée d'écoute enregistre des baisses qui doivent être prises en compte. Une étude réalisée par l'agence médias MPG en 2004 observait ainsi que la durée d'écoute par auditeur (2h55 minutes en 2004 pour les 15 ans ou plus) avait diminué de 23 minutes en cinq ans ! Cette tendance, observée sur la plupart des cibles, intervient au moment où les modes d'écoute se diversifient (internet, baladeurs, etc.). De plus, et de manière paradoxale, la radio, dont la consommation est liée à la mobilité, semble souffrir de l'augmentation de cette dernière. Elle ne perd pas de sessions d'écoute, mais celles-ci se raccourcissent. Les jeunes, qui préfigurent peut-être la consommation de demain, sont aujourd'hui plus nombreux à écouter la radio mais moins longtemps qu'ils ne le faisaient il y a dix ans (durée d'écoute des 15- 19 ans : 132 minutes en 1995 vs 114 minutes en 2005, source Médiamétrie). Grands consommateurs de radios musicales, ils bénéficient d'un accès à leurs titres préférés bien plus facilement qu'avant : les web radios et le peer-to-peer, malgré les problèmes posés par la gestion des droits d'auteur, sont autant de façons de consommer de la musique en dehors des ondes radios. Une étude récente (cf. Les Echos du 20 avril 2005) montrait d'ailleurs que les propriétaires d'iPod consommaient 30 % de radio en moins !
La mesure d'audience de la radio en France
En France, les niveaux d'audience de la radio sont mesurés grâce à l'enquête téléphonique 126 000 de Médiamétrie.
Elle consiste à interroger dix mois sur douze 126 000 individus sur leur écoute de la radio au cours des vingt-quatre dernières heures. Les résultats sont publiés quatre fois par an (janvier/mars, avril/juin, septembre/octobre, novembre/ décembre).
Afin de pouvoir utiliser ces données pour le médiaplanning, le dispositif de la 126 000 est complété par le "panel radio", qui recueille les comportements et habitudes d'écoute (notamment les transferts et accumulations d'audience) pour les calculs des couvertures et répétitions. 10 280 individus sont ainsi amenés à compléter un carnet d'écoute, retourné par voie postale, sur vingt-trois jours consécutifs (deux vagues annuelles).
Ce dispositif, qui fait largement appel à la mémoire des individus interrogés (même si on veille à le limiter au maximum) pourrait trouver ses limites dès lors que l'augmentation de l'offre entraînerait la multiplication de sessions d'écoute courtes et fragmentées (plus difficiles à identifier/mémoriser).
Médiamétrie travaille d'ores et déjà à la mesure de demain et réalise actuellement des tests du dispositif Arbitron de mesure d'audience passive de la radio et de la télévision. Il s'agit d'un pager qui pourrait permettre à terme de recueillir l'audience des individus panélisés sans biais de déclaration de leur part.
Dans ce contexte difficile, les éditeurs radio se devaient de trouver de nouvelles voies, qui leur permettent de fidéliser de nouveaux auditeurs et de s'inscrire dans la modernité dictée par leur environnement. La plupart des stations nationales ou régionales sont aujourd'hui passées d'une gestion analogique de leurs antennes à un pilotage numérique. Le "tout numérique" leur permet d'ores et déjà de diffuser leurs programmes en streaming sur l'internet. Les principales stations proposent donc désormais une écoute sur le Web de grande qualité associée à de nombreux services en ligne, de la météo à la recherche de titres musicaux, en passant par l'archivage de sujets et l'interactivité avec la station, voire l'achat en direct. Ce mode d'écoute se développe (au 2e trimestre 2005, 20 % des internautes avaient écouté la radio via l'internet au cours du dernier mois - source Médiamétrie), mais reste néanmoins lié à un accès à l'internet et ne permet pas la mobilité, devenue une composante essentielle de la radio depuis plus de 50 ans. Une de ses principales vertus est de permettre aux stations d'élargir leur bassin de réception, mais son coût de diffusion est élevé.
Pour remédier à cet écueil, de nombreuses stations misent aujourd'hui sur le podcasting en attendant mieux. Ce nouvel usage, rendu possible par la numérisation des antennes, repose sur la technologie offerte par les lecteurs MP3 comme le célèbre iPod commercialisé avec grand succès par Apple. Le podcasting (contraction de "iPod" et de "broadcasting") permet à l'auditeur d'une station de s'abonner gratuitement à un flux audio et de recevoir automatiquement sur son ordinateur les fichiers MP3 de ses émissions ou chroniques préférées, pour créer sa radio "sur mesure". Un simple logiciel gratuit suffit à la manoeuvre. Il est possible ensuite de les transférer sur un baladeur numérique (clé USB, iPod, Archos ou autre).
Avec ces premiers usages enrichis, hors des traditionnelles ondes analogiques, les stations se familiarisent avec des auditeurs toujours plus exigeants. La diffusion numérique de la radio constitue bien, dans un futur proche, le nouveau défi du média. D'autant que la fameuse convergence permet d'accueillir un signal radio sur la télévision numérique, le satellite ou encore les téléphones mobiles.
DAB (Digital audio broadcasting), DMB (Digital multimedia broadcasting), DVB-T (Digital video broadcasting-terrestrial), DVB-H (Digital video broadcasting-handled), DRM (Digital radio mondial), Iboc (norme "propriétaire" américaine), autant de noms un peu barbares qui sont désormais sur les lèvres de tous les éditeurs de radio. Il s'agit des différentes techniques de compression entre lesquelles il va falloir choisir celles qui deviendront les normes permettant le passage au numérique de la radio. Depuis le mois d'avril 2005, date d'ouverture de la consultation engagée par le CSA pour préparer l'attribution des fréquences, tous les éditeurs de radio se sont exprimés en faveur d'un passage à la diffusion numérique. Pourtant les avis diffèrent sur la norme à retenir. Pour chacun, il s'agit de maintenir ses avantages concurrentiels le plus longtemps possible quand on dispose déjà d'un bon niveau de couverture ou au contraire de précipiter le passage au numérique pour disposer rapidement d'un réseau étendu. Ces normes se différencient notamment par leur rapidité de mise en oeuvre, par leurs coûts, mais aussi par leurs capacités à assurer la mobilité ou le transport de services associés.
La norme DAB (Digital audio broadcasting) : elle a été conçue pour permettre la numérisation de la bande FM. Relativement coûteux à mettre en place et expérimenté en France depuis 1995 à Paris sans succès réel, le DAB est parallèlement la norme retenue par plusieurs pays d'Europe.
Beaucoup d'observateurs tirent cependant un bilan mitigé des expériences, notamment au Royaume-Uni, où seulement 2 % des foyers ont acheté un récepteur adapté, freinés par son coût élevé (de l'ordre de 70 euros). Le principe du DAB est celui de diffusion de stations par bouquets, et la qualité du signal permet la réception mobile. Le DMB (Digital multimedia broadcasting) est un enrichissement du DAB permettant d'associer la diffusion de vidéos à destination des récepteurs mobiles. Le coût des récepteurs pourrait baisser dans un proche avenir puisque la Chine, qui accueillera les prochains Jeux Olympiques, l'a adopté et devrait faire fabriquer de très importantes quantités de récepteurs dans cette perspective. Une étude anglaise a mis en évidence la forte élasticité de la demande au prix, dès lors que la couverture et la quantité/qualité des programmes offerts étaient élevées.
La norme DRM (Digital radio mondial) : elle est principalement destinée à numériser la bande AM (ondes longues, ondes moyennes, ondes courtes). Pour beaucoup, elle apparaît comme une norme de transition, notamment parce qu'elle permet le "simulcast", c'est-à-dire une diffusion simultanée en analogique et en numérique sur une même fréquence (avec cependant une qualité de réception médiocre). De coût limité, elle permet une mise en valeur de la bande AM encore très utilisée en France par les radios généralistes, qui peut ainsi bénéficier d'une "qualité FM". Pourtant, sa technologie limite fortement le nombre de programmes disponibles. Les récepteurs qui permettront sa réception sont en cours de développement.
Les normes DVB-T (Digital video broadcasting-terrestrial) et DVB-H (Digital video broadcastinghandled) : le DVB-T permet la diffusion indifférenciée de programmes de télévision ou de radio, c'est la norme de la convergence. Cependant, compte tenu des choix opérés par le CSA pour la diffusion de la TNT en France, la radio devrait être diffusée sur un multiplex séparé de la télévision, afin de permettre la mobilité au travers de la norme DVB-H pour une utilisation nomade.
Cette dernière norme, conçue pour la diffusion de services multimédias vers des terminaux mobiles de poche, permet l'interactivité et la fourniture de données associées. Le DVB-H est qualifié de norme "la plus ambitieuse" par de nombreux opérateurs. Alain Weill, président de NextRadio, estime qu'il "préfigure la radio de demain". A noter cependant que ses récepteurs sont encore au stade de prototype et leurs coûts ne sont pas connus à ce jour.
Le système Iboc : essentiellement soutenu en France par le groupe NRJ, l'Iboc est un système propriétaire qui présente l'avantage de pouvoir être mis en oeuvre rapidement. Peu d'acteurs semblent cependant aujourd'hui vouloir en soutenir l'adoption malgré son importance grandissante aux Etats-Unis, où les premiers groupes radiophoniques l'ont adopté.
Dans tous les cas, les avantages attendus de la radio numérique seront nombreux, en tout premier lieu pour les auditeurs, mais aussi pour les éditeurs et pour les annonceurs :
- la qualité du son, grâce à laquelle certains qualifient déjà la radio numérique de "radio HD (haute définition)" et qui devrait procurer un confort d'écoute optimal à tous, quelle que soit la zone de réception,
- l'homogénéité de couverture, qui permettra à toutes les stations d'être présentes sur tout le territoire national et même bien au-delà,
- l'étendue de l'offre accessible par chacun, sans zone d'ombre. Le numérique devrait donner à chaque Français la possibilité d'accéder à une offre d'environ cinquante stations à la programmation plus ciblée,
- la capacité de transport simultané de données visibles sur un écran associé au récepteur (programme, titre de chanson, identité du journaliste, etc.),
- la capacité d'autoriser le développement de services interactifs (questions des auditeurs, achats en direct, etc.),
- l'intégration de la radio dans tous les supports de la convergence et de la mobilité et la possibilité de transmettre des images associées au flux radio,
- la réduction des coûts de diffusion. Si les avantages de la radio numérique paraissent incontestables, ils préfigurent de profonds bouleversements des équilibres actuels. Selon que les récepteurs seront ou non facilement accessibles au plus grand nombre à un coût raisonnable et selon que son offre saura répondre aux attentes de chacun, les auditeurs montreront ou non un véritable appétit pour s'équiper rapidement.
En effet, on l'a vu, l'inertie peut être grande, à la hauteur de la forte pénétration de la radio analogique dans les foyers français. Les modèles économiques restent encore à trouver pour les éditeurs, qui peuvent voir dans cet élargissement de formidables opportunités à la fois d'augmenter la couverture de leur signal mais aussi de diversifier leurs services, tout en redoutant les effets d'une hyper-fragmentation de l'offre et donc vraisemblablement de la consommation de leurs programmes.
Parallèlement, la concurrence de la téléphonie mobile est forte. Les opérateurs de mobiles se lancent dans la production de contenus et les offres radio ne devraient pas manquer de naître. Les annonceurs enfin feront immanquablement partie de l'équation économique dominante de la radio en France demain.
La gratuité ne semble pas aujourd'hui sur le point d'être remise en cause pour ce média, même si des initiatives de radio payante pour l'auditeur rencontrent un certain succès à l'étranger (voir encadré). L'opportunité d'une meilleure optimisation de la couverture associée à un renforcement des possibilités de ciblage des stations ne seront pas pour déplaire aux annonceurs. De plus, le développement de services associés et la possibilité de transporter des informations complémentaires au programme ou à la publicité permettent d'envisager de nombreuses nouvelles utilisations du média radio.
A l'inverse, la fragmentation peut également être synonyme de renchérissement des coûts, dès lors que les niveaux de performance deviennent plus difficiles à atteindre du fait de la dispersion des audiences, dont la mesure se complexifiera largement (voir "Mesure d'audience"). La radio numérique est néanmoins un enjeu et une opportunité majeurs pour tous les acteurs de la radio. Elle est de toute façon désormais incontournable.
Aux Etats-Unis, la radio payante
En France, la radio est déjà accessible par le câble et le satellite grâce aux différents opérateurs (Noos, CanalSat, TPS, etc.). Pourtant, on peut raisonnablement estimer qu'elle n'est qu'une motivation très secondaire pour s'abonner face à la télévision et malgré la qualité offerte.
Aux Etats-Unis, deux opérateurs satellitaires - XM et Sirius - ont lancé respectivement en 2001 et 2002 leurs premiers bouquets de radios payantes. Pour un abonnement d'environ 10 euros par mois, on peut désormais, outre-Atlantique, recevoir un bouquet d'environ 50 à 60 stations et ce quel que soit l'endroit du territoire où l'on se trouve. Environ 8 millions d'abonnés ont semble-t-il souscrit à ces nouvelles offres et les projections font état de 35 millions en 2010 !
Ce déploiement rapide est bien sûr à resituer dans le contexte d'un territoire où les qualités de réception sont médiocres et les zones de couverture des stations limitées.
Aux Etats-Unis, seules les radios locales ou communautaires sont diffusées en FM quand les grands networks ne sont présents que sur la bande AM. Les nouveaux abonnés de la radio par satellite seraient donc motivés à la fois par la qualité des programmes et du son mais peut-être aussi par… l'absence de publicité. Les deux opérateurs rivalisent d'inventivité pour renforcer l'attractivité de leurs offres. XM a récemment acquis les droits de diffusion du base-ball et Sirius a recruté la star du talk show américain : Howard Stern. L'intérêt que porte l'industrie automobile à ces développements devrait également favoriser leur essor. General Motors est actionnaire de XM et Hyundai va, le premier, intégrer un récepteur numérique dans ses véhicules dès 2007.
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