Médias
Concentration des médias
Début 2005, Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, confiait à Alain Lancelot, chercheur, universitaire et ancien membre du Conseil constitutionnel, la présidence d'une commission dont l'objectif était d'évaluer la situation et les effets de la concentration des médias en France, dans la perspective de la préparation d'une nouvelle loi sur l'audiovisuel souhaitée par Jacques Chirac pour cet automne.
Le "
Rapport Lancelot" a été rendu public en janvier 2006. Il s'attache à "
reposer les termes d'une confrontation bien connue mais jamais complètement surmontée entre une logique économique d'efficacité et de rentabilité […] et une logique politique exigeant, au nom de la défense du pluralisme […] la dispersion du capital des entreprises de médias entre différentes mains".
Le rapport constate en tout premier lieu que l'état actuel de la concentration des médias en France ne constitue pas une menace directe pour le pluralisme et la diversité. Il souligne également que la dynamique dans laquelle se trouve l'univers des médias aujourd'hui doit inciter à la plus grande prudence en matière de nouvelles réglementations, dans la mesure où il est particulièrement difficile d'appréhender ce que seront les équilibres de demain. Le "
Rapport Lancelot" se veut donc à la fois rassurant et pragmatique, sans pour autant nier que des risques existent.
Il choisit cependant de ne pas proposer de mesures spécifiques aux domaines de l'internet ou des mobiles. La commission Lancelot formule principalement trois recommandations : pour la télévision nationale, remplacer le plafond fixé à 49 % pour la concentration du capital entre de mêmes mains par une part limite d'audience de 37,5 % ; pour la radio, maintenir un plafond maximal de 150 millions d'individus couverts dans l'attente de l'avènement de la radio numérique ; pour la presse écrite, intégrer les news magazines et les gratuits dans le calcul du plafond de la part de la diffusion totale détenue par un même éditeur. Il propose également, à l'échelon local, d'empêcher l'exploitation d'un quotidien régional et d'une chaîne locale situés dans la même zone.
mars 2006
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