Médias
Audiovisuel : le décret se fait toujours attendre
C'est au conseil des ministres du 22 octobre que Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, a finalement présenté son projet de loi sur l'audiovisuel centré sur la télévision publique. Les délais sont désormais des plus serrés pour respecter la volonté présidentielle de supprimer la publicité des chaînes publiques dès le 5 janvier prochain.
En effet, ce n'est pas avant le 6 décembre que l'Assemblée nationale devrait avoir terminé ses débats pour pouvoir transmettre le texte au Sénat. Même si une procédure d'urgence est prévue, la trêve de Noël commence le 22 décembre au Parlement. Du côté de France Télévisions, les grilles de programme "sans pub" entre 20 heures et 6 heures sont cependant déjà prêtes et on imagine mal un retour en arrière.
Dès le 5 janvier 2009, les annonceurs verront donc disparaître près d'un quart des contacts télévision aujourd'hui disponibles sans être assurés, à la date où nous rédigeons ces lignes, de la possibilité de les retrouver sur les chaînes privées.
En effet, comme l'UDA l'a à nouveau rappelé le 6 novembre lors de son audition par Christian Kert, rapporteur du projet à l'Assemblée, le décret qui devrait permettre l'assouplissement des contraintes des chaînes privées (passage à l'heure d'horloge et augmentation de 6 à 9 minutes de la moyenne horaire de publicité) n'est toujours pas publié ! D'abord prévu pour cet été, il est repoussé de semaine en semaine. Les annonceurs se sont donc positionnés à l'ouverture des plannings TV le 6 novembre dans une offre organisée selon les contraintes actuelles des chaînes.
Si, du côté des pouvoirs publics, on nous assure que le décret sera en application dès le début 2009, force est de constater que la pression exercée par le Groupement pour le pluralisme des médias, qui réunit tous les médias en dehors des principales chaînes privées, rencontre un certain écho dans les cabinets ministériels. Les autres médias redoutent en effet que les chaînes privées soient les seules bénéficiaires de la coupure de l'espace de France Télévisions. Ils demandent donc que celui des chaînes privées reste limité, au moins pour quelque temps encore. La conjoncture déprimée et la baisse des investissements publicitaires à la télévision et dans les médias de ces dernières semaines, qui servent de toile de fond à ces discussions, ne viennent qu'ajouter de la complexité et de l'inquiétude au marché publicitaire.
Ce dossier devrait donc connaître encore de nombreux rebondissements dans les semaines à venir, dont nous ne manquerons pas de vous tenir informés.
novembre 2008
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