UDA - Annonceurs en mouvement

Editorial – Avril 2017

Actualités UDA Édito Liberté de communiquer : vers plus de restrictions ?

L’épisode – non clos à ce jour – de l’interdiction de publicité autour et pendant la diffusion des programmes « jeunesse » de l’audiovisuel public illustre bien la problématique posée par des produits licites dont la communication est restreinte.

Depuis 10 ans, beaucoup d’entreprises se sont engagées dans une démarche de responsabilité sociétale et environnementale. Les informations figurant sur le packaging des produits détaillent composants et ingrédients, précautions et modes d’emplois, … . Les citoyens-consommateurs sont de mieux en mieux informés, du moins pour ceux qui se sentent concernés par ce qu’ils achètent et consomment.

Malgré ces progrès, la plupart des gouvernements qui se sont succédé depuis 10 ans – de droite comme de gauche – ont eu la tentation de restreindre les possibilités de communication autour de produits ciblés, qui souvent, du jour au lendemain, se sont retrouvés épinglés par les médias et au centre de nombre de suspicions.

Souvent ces restrictions de communication ressortent d’une certaine tartufferie.

Pour être un brin radical et provocateur, le dilemme suivant pourrait être posé :
– soit le produit présente des risques pour les consommateurs, et s’il n’est pas interdit, sa distribution doit être limitée et contrôlée dans des canaux dédiés. Et dans ce cas, toute action de communication, de publicité, de promotion doit être elle aussi purement interdite ou strictement encadrée ;
– soit le produit ne présente pas de risques pour les consommateurs, et sa mise en avant dans nos actions de communication ne doit subir aucune contrainte ou restriction.

Trop souvent, la publicité est mise à contribution par nos gouvernants pour pallier les absences et les carences de l’information, voire de la formation des consommateurs.

Confondre information et culture des citoyens consommateurs avec la publicité, qui est au service de la croissance des entreprises, relève d’une conception régalienne extensive de l’Etat, dans lequel le citoyen « irresponsable » et acculturé doit être défendu et protégé malgré lui des puissances industrielles qui ne visent qu’à l’exploiter.

Il est temps de redonner sa mission principale à la publicité : faire vendre des produits et promouvoir l’image des entreprises.

Les confusions entre publicité et informations qui se sont développées depuis le Grenelle de l’Environnement doivent cesser. La publicité doit être libérée et l’information des citoyens-consommateurs revenir soit à l’Etat, soit aux associations de consommateurs.

Mesdames et Messieurs les Politiques, à vous maintenant de libérer la pub et la communication. Pour le développement de nos entreprises, pour leur croissance et pour leurs emplois.

 

Pierre-Jean Bozo

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